Des Sacs "made in La Virginie"

Perles, rubans, boutons, bijoux, tissus de toutes sortes : la collecte est lancée auprès des généreux donateurs pour le nouvel atelier de création de sacs à main. Et déjà ces « matières premières » affluent à la laverie de la Poustelle, où elles servent à la réalisation des pièces uniques confectionnées par un petit groupe de travailleuses handicapées de l'Établissement et service d'aide par le travail (Ésat) Christian-Lanusse.

« Nous avons proposé des sacs créés ici à une styliste bordelaise, Nathalie Jaffré, qui fait partie d'un collectif de créateurs. Elle expose nos modèles en vitrine, et nous a passé commande pour sa collection de printemps », explique Stéphane Vincent, directeur de l'Esat. La fierté se lit sur le visage des couturières-créatrices dont les sacs de plage colorés en toile imperméable côtoient des sacs à main plus chics, accessoirisés, les pochettes ornées de brillant, ou encore des sacoches en bandoulière, très tendance. La gamme est en train de s'étoffer, de même que les accessoires qui permettent de personnaliser chaque pièce.
Car si la partie création se déroule à l'étage de la laverie de la Poustelle, un atelier de découpe des tissus est également en train de se mettre en place dans les ateliers de l'Ésat, à la Virginie. « Nous recherchions des activités nouvelles pour occuper les moments où il y a moins de production », explique le directeur, qui a dû faire face dernièrement à la perte d'entreprises qui confiaient des tâches en sous-traitance à l'Ésat.

À la Virginie, des ouvrières réalisent des bandes de tricot colorées qui, une fois feutrées, permettent de confectionner des pochettes. Elles réalisent également des poupées de laine qui servent d'accessoires pour les sacs à main. « C'est un vrai travail d'équipe pour assembler les tissus », explique la chef d'atelier à la Poustelle. « Il nous faut souvent une journée entière pour créer un sac : il y en a pour tous les goûts ! » D'ailleurs, l'été dernier, la vingtaine de sacs colorés en toile imperméable placés en vitrine se sont vendus comme des petits pains. Il faut compter environ 30 euros pour les modèles été, 45 euros pour les sacs plus chics, et 15 euros pour les pochettes.

« Brigitte est une couturière professionnelle et une artiste », explique le directeur. « J'étais retoucheuse chez Natacha à Pau, puis chez Audignon, et aux Nouvelles galeries, à Dax », explique l'intéressée.
C'est donc armée d'un vrai savoir-faire qu'elle anime cet atelier 100 % créatif pour lequel elle conseille et guide ses collègues. « Petit à petit, elle a redécouvert les choses qu'elle savait faire, et elle s'est à nouveau épanouie », témoigne le directeur. Lequel compte bien développer les points de vente, dans d'autres établissements de ce type, même si « cela reste de l'artisanat : si on fait 100 sacs dans l'année, ce sera déjà un beau résultat », se réjouit-il. Une sacoche en bandoulière pour homme est également prévue : fabriqué à partir de toile de transat taupe et gris, le modèle se veut pratique et décontracté. Chic !

Luce Gardères - Journal SUD OUEST - 19/02/2015
http://www.sudouest.fr/2015/02/19/tissus-de-recuperation-pour-sacs-a-main-uniques-1834422-4329.php